
Alain Frentzel
« L’homme naît rien, il a tout à faire »
Alain Frentzel déniche et collectionne. Il a constitué au fil des ans un vaste répertoire, photos d’amateurs principalement, photos d’identités par centaines mais aussi papiers déchirés, rebuts de matières, papiers peints arrachés, miroirs brisés, croûtes et marcs de peinture, accumulation d’une masse de physionomies, regards, poses, œil, visages et têtes. Certains accidentels. Tous anonymes.
Ce précieux archivage constitue la base de données. Sa source, son vivier.
Le travail sur photo. La série des « Sublimés », par exemple, commence par la sélection d’une tête. Ou d’une série de visages, petites photos d’identité. Puis il détériore, par brûlure ou lacération, transformation... lire la suite
« L’homme naît rien, il a tout à faire »
Alain Frentzel déniche et collectionne. Il a constitué au fil des ans un vaste répertoire, photos d’amateurs principalement, photos d’identités par centaines mais aussi papiers déchirés, rebuts de matières, papiers peints arrachés, miroirs brisés, croûtes et marcs de peinture, accumulation d’une masse de physionomies, regards, poses, œil, visages et têtes. Certains accidentels. Tous anonymes.
Ce précieux archivage constitue la base de données. Sa source, son vivier.
Le travail sur photo. La série des « Sublimés », par exemple, commence par la sélection d’une tête. Ou d’une série de visages, petites photos d’identité. Puis il détériore, par brûlure ou lacération, transformation des faciès, globules, cloques, trous, acné, eczémas, croûtes, plongée inquiétante (mais drôle) dans la pathologie. Le processus transcende l’anonymat de l’individu photographié, l’effet de pose de celui-ci devient grotesque. Tragique.
La peinture. Elle est expression pure, rapide, geste primal. Dans l’esprit du peintre, elle est commencement et finalité.
Il y a d’abord le travail du fond qui est longuement mûri. De couleur monochrome, il est la fondation et il est l’écrin, il renvoie d’une certaine façon à la partie profonde de l’être. Et sur ce fond viendra le visage, en diverses propositions.
Mais à chaque fois, l’évolution et les réactions des supports et des matières choisies seront un questionnement sur la problématique même de la peinture et de ses limites. Description de 4 séries :
« D’un visage l’autre »
Avec « l’Acupuncteur », « le Crâneur », « Erythème », etc. Série d’environ 30 peintures sur toile ôtés de leurs châssis, de petit format. Taches de couleurs, perforations, huile ondulante, gomme laque, pigments… Matières et techniques pour une exploration psychanalytique et sociologique de l’homme dans son milieu naturel. Le dessin est encore présent tout comme la photographie qui l’a inspiré.
« Disparition »
Très grands formats. Ebauche peinte d’un grand visage suivie d’un long processus de recouvrement par coulures fluides, légères et blanches. Le visage disparaît peu à peu. Subsiste alors l’essentiel. Le regard s’accroche et transperce.
« Figural »
Formats divers mais de grande taille. Un fond d’une couleur longuement choisie et travaillée. Une fois celle-ci posée et sèche: Jeté de pâte épaisse de peinture monochrome aussi, riche, onctueuse, luisante. Un geste vif, nerveux, naissance d’un visage comme sculpté dans la terre, matière vivante et organique. Figure non figurative mais « figurale », selon Deleuze : « la figure, c’est précisément le corps sans organe (défaire l’organisme au profit du corps, le visage au profit de la tête) ; le corps sans organe est chair et nerf (…) Si le peintre tient à la figure, ce sera donc pour opposer le figural au figuratif ».
« Fracturés »
Même travail de fond que pour la série « Figural » puis une pâte épaisse de peinture qui craque en séchant comme une terre désertique. Le visage est alors comme cicatrisé par l’absence et le manque d’eau.
Alain Frentzel a mis en place un processus qui est celui d’un brouillage systématique des identités, troublant un visage de façon à en percer le mystère, à en extraire l’absurdité et le comique, afin de révéler une chose essentielle qui dès lors nous saute à la figure.
Une perpétuelle exploration des somatisations, des névroses, un questionnement sur l’identité, l’aléatoire et le chaos.
Dans les notes d’Alain Frentzel, une citation de Paul Virilio :
« Je suis un accident ambulant qui cherche l’endroit où se produire ».
Ses oeuvres
L'interview
QUELLE EST TA TECHNIQUE PICTURALE POUR ARRIVER À PEINDRE D'UNE FACON SI ORIGINALE?
Mon fil conducteur est le visage mais sans être formel, je ne veux pas être dans la représentation mais plutôt dans la sensation et l’inconscient au moment du travail.
Ainsi je peins vite, la technique est celle du geste et c’est après, souvent le lendemain, que je regarde le résultat.
Y A T'IL DES ARTISTES QUI TE FASCINENT?
Gérard Gasiorowski est mon repère, j’aime son fonctionnement, sa dérision, ses ruptures, j’aime sa manière de concevoir le travail.
Le Gréco pour ses visages révulsés saisis d’une bouleversante panique, on est au delà de la peinture et Jérôme Bosch pour son côté universel de l’humanité.
Robert Rauschenberg, lui, c’est affectif.
AS-TU UN RITUEL PARTICULIER POUR PEINDRE?
Dans la journée, je prépare les supports et les couleurs, ça peut prendre plusieurs jours.
J’aime travailler la nuit et écouter Miles Davis, ça me conditionne car dans mon travail actuel, par exemple, le geste sur le support est rapide, c’est une pulsion.
QUEL SENTIMENT AIMERAIS-TU SUSCITER?
À la fois le bon et le mauvais mais je ne suis pas dans la complaisance, je ne pense jamais à séduire dans mon travail, ce sont mes amis proches ou du moins les regards extérieurs qui perçoivent parfois mieux que moi mon travail.
CELA T'ARRIVES T'IL DE NE PAS ETRE SATISFAIT D'UN TRAVAIL?
J’aime faire de grandes séries. Je cherche dans de nombreuses directions (visage lisse, craquant, léger, fragile, lourd, etc…) il y a donc forcément des insatisfactions dans ces moments de recherches. Mais une fois la sér... lire la suite
QUELLE EST TA TECHNIQUE PICTURALE POUR ARRIVER À PEINDRE D'UNE FACON SI ORIGINALE?
Mon fil conducteur est le visage mais sans être formel, je ne veux pas être dans la représentation mais plutôt dans la sensation et l’inconscient au moment du travail.
Ainsi je peins vite, la technique est celle du geste et c’est après, souvent le lendemain, que je regarde le résultat.
Y A T'IL DES ARTISTES QUI TE FASCINENT?
Gérard Gasiorowski est mon repère, j’aime son fonctionnement, sa dérision, ses ruptures, j’aime sa manière de concevoir le travail.
Le Gréco pour ses visages révulsés saisis d’une bouleversante panique, on est au delà de la peinture et Jérôme Bosch pour son côté universel de l’humanité.
Robert Rauschenberg, lui, c’est affectif.
AS-TU UN RITUEL PARTICULIER POUR PEINDRE?
Dans la journée, je prépare les supports et les couleurs, ça peut prendre plusieurs jours.
J’aime travailler la nuit et écouter Miles Davis, ça me conditionne car dans mon travail actuel, par exemple, le geste sur le support est rapide, c’est une pulsion.
QUEL SENTIMENT AIMERAIS-TU SUSCITER?
À la fois le bon et le mauvais mais je ne suis pas dans la complaisance, je ne pense jamais à séduire dans mon travail, ce sont mes amis proches ou du moins les regards extérieurs qui perçoivent parfois mieux que moi mon travail.
CELA T'ARRIVES T'IL DE NE PAS ETRE SATISFAIT D'UN TRAVAIL?
J’aime faire de grandes séries. Je cherche dans de nombreuses directions (visage lisse, craquant, léger, fragile, lourd, etc…) il y a donc forcément des insatisfactions dans ces moments de recherches. Mais une fois la série terminée, une sélection à lieu.
Y A T'IL DES OEUVRES QUE TU NE POURRAIS PAS VENDRE?
Non, aucune. Une fois vendues et si c’est possible, j’ai du plaisir à les revoir, mais je me sépare aisément de mon travail, c’est même nécessaire pour avancer.
Expositions
Galerie Kamchatka "Papiers Machine"2009 Paris
Maison des Arts de Créteil "Le hasard nous ressemble" Alain Frentzel et Martin Mc Nulty 2009 Créteil
Galerie Kamchatka Exposition de groupe " l'eau et les rêves" commissaire Alexandra rossopoulos.2007 Paris
Galerie l'aiguillage 2007 Paris
Manufacture des oeillets iIvry-sur-Seine 2006
Espace privé Anne Gérard 2006 Paris
A l'Imprimerie "D'un visage l'autre" 2005 Paris... lire la suite
Galerie Kamchatka "Papiers Machine"2009 Paris
Maison des Arts de Créteil "Le hasard nous ressemble" Alain Frentzel et Martin Mc Nulty 2009 Créteil
Galerie Kamchatka Exposition de groupe " l'eau et les rêves" commissaire Alexandra rossopoulos.2007 Paris
Galerie l'aiguillage 2007 Paris
Manufacture des oeillets iIvry-sur-Seine 2006
Espace privé Anne Gérard 2006 Paris
A l'Imprimerie "D'un visage l'autre" 2005 Paris





