
Alberto Jonquières
INVENTER L’ETONNEMENT
Dans les œuvres d’Alberto Jonquières, l’image photographique ne se limite pas au constat du fait naturel : elle suggère un sens qui va bien au-delà de l’évidence. Bien que l’image soit apparemment objective, le regard du photographe isole un état déterminé et le charge de sens esthétique. La photographie se situe, alors, entre la chronique-témoignage et la création artistique.
Il est bien évident que tout ce que nous voyons fait partie de la réalité. Cependant, lorsque nous regardons la réalité à travers l’image photographique, elle se présente à nous sous un aspect différent. Nous n’avions pas, jusque là, vu cette expansion des formes, la matière comme un éther, pas plus que l’intensité des cont... lire la suite
INVENTER L’ETONNEMENT
Dans les œuvres d’Alberto Jonquières, l’image photographique ne se limite pas au constat du fait naturel : elle suggère un sens qui va bien au-delà de l’évidence. Bien que l’image soit apparemment objective, le regard du photographe isole un état déterminé et le charge de sens esthétique. La photographie se situe, alors, entre la chronique-témoignage et la création artistique.
Il est bien évident que tout ce que nous voyons fait partie de la réalité. Cependant, lorsque nous regardons la réalité à travers l’image photographique, elle se présente à nous sous un aspect différent. Nous n’avions pas, jusque là, vu cette expansion des formes, la matière comme un éther, pas plus que l’intensité des contrastes chromatiques que nous révèle le regard du photographe. A présent, les corps perdent de leur densité, ils se dématérialisent, les formes deviennent intangibles, abstraites, et obligent le spectateur à un jeu incessant de reconnaissance, à une recherche de correspondances entre la réalité et sa représentation, à un jeu troublant et fascinant à la fois qui nous place dans un temps et dans un espace incertain. Une façon d’inventer l’étonnement.
Notre monde contemporain est marqué par un paradoxe insoluble : la tension entre le fugace et l’éternel, et de nos jours plus que jamais le changement semble être l’unique attribut de la permanence. La ville est sans doute le territoire que nous nous approprions, c’est sur elle que nous projetons notre expérience du mouvement, notre perception du temps, et telle était la démarche des futuristes ; mais bien souvent ceci ne nous devient évident que grâce à l’opération de démasquement que le phénomène esthétique rend possible. Ainsi en est-il des photographies que ce texte accompagne.
D’un côté, un phénomène d’expérience perceptive, un stimulus visuel qui nous fait voir les traces du mouvement ; mais d’un autre côté, ce qui nous intéresse le plus n’est pas cette évidence optique, pas plus que le jeu formel que nous pouvons voir dans plusieurs de ces photographies telle, la juxtaposition récurrente de formes qui lévitent, éthérées, subtiles, et d’autres qui ont le poids et la densité tectoniques. Il ne s’agit pas d’une perspective purement analytique mais, essentiellement de la dimension énigmatique de ces formes spectrales qui, comme évitant par pudeur d’être vues, se dématérialisent devant nos yeux, de l’intense suggestion de ce qui est à peine perceptible, de l’évidence que toute certitude peut se dissiper en un instant et qu’il ne reste rien de ces corps matériels. Ils s’évanouissent dans l’air et ne laissent que les traces de leur passage. Il s’agit de fixer l’ombre, de suspendre le temps, de conjurer l’absence. Il s’agit de comprendre le mot de René Magritte :
« Si je n’étais qu’un appareil photographique, le mystère ne pourrait être évoqué »
C’est ainsi que nous devons comprendre les photographies d’Alberto Jonquières. Peut être sont-elles la visualisation de son propre état d’âme, nostalgique, mélancolique, et de sa relation particulière à son environnement, comme un témoin obstiné et silencieux du changement. Toujours à l’arrière-garde, dans l’attente, pour enregistrer l’événement à peine perçu. Il est l’observateur infatigable de fugacités quotidiennes, des incertitudes permanentes. Ses photos pourraient bien être son livre de bord, son journal intime ; si cela était, puisse-il ne pas fermer les yeux.
Malena Babino
Ses oeuvres
Expositions
Expositions personnelles :
2009 Libreria del Centro exposition Julio Cortazar, Madrid
2007 Bibliothèque nationale de France ( BnF Tolbiac)
2006 Sala Municipal de exposiciones, Requena (texte Malena Babino), Espagne.
2004 El Sur, Paris.
2003 Castillo de Requena,(texte Malena Babino) Valencia, Espagne.
1987 Galeria Railowsky, (texte Damian Bayon) Valencia, Espagne.
1983 Espace Latino-américain, Le Soleil Bleu, Paris
1981 Colegio de Arquitectos, Valencia et Denia, Espagne.
1980 Galeria Juan Martin, Mexico DF.
1978 Galeria Soluna, Calpe, Espagne.
1977 Galeria Sausalito, Barcelona, Espagne.
1968 Galeria El Laberinto, Buenos Aires, Argentine.
Universidad del Nordeste, Resistencia, Argentine.
Foto club Rafaela, Santa Fe, Argentine.
Expositions collectives :
2009 Musée Municipal de Kyoto, Japon.
2008 Beyond the Iconic, Los Angeles Public Library, USA. Galerie Beckel Odille Boicos, Paris.
2006 La Seine des photographes, La Conciergerie, Paris ; Galerie Beckel Odille Boicos, Paris.
El archivo fotografico de Julio Cortazar, Santiago de Compostela, Espagne.
2005 20 ans Galeria Railowsky, Valencia, Espagne.
2004 Galerie Christian Siret ; El Sur (hommage à Julio Cortazar) ; Hypegallery, Palais de Tokyo, Paris.
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Expositions personnelles :
2009 Libreria del Centro exposition Julio Cortazar, Madrid
2007 Bibliothèque nationale de France ( BnF Tolbiac)
2006 Sala Municipal de exposiciones, Requena (texte Malena Babino), Espagne.
2004 El Sur, Paris.
2003 Castillo de Requena,(texte Malena Babino) Valencia, Espagne.
1987 Galeria Railowsky, (texte Damian Bayon) Valencia, Espagne.
1983 Espace Latino-américain, Le Soleil Bleu, Paris
1981 Colegio de Arquitectos, Valencia et Denia, Espagne.
1980 Galeria Juan Martin, Mexico DF.
1978 Galeria Soluna, Calpe, Espagne.
1977 Galeria Sausalito, Barcelona, Espagne.
1968 Galeria El Laberinto, Buenos Aires, Argentine.
Universidad del Nordeste, Resistencia, Argentine.
Foto club Rafaela, Santa Fe, Argentine.
Expositions collectives :
2009 Musée Municipal de Kyoto, Japon.
2008 Beyond the Iconic, Los Angeles Public Library, USA. Galerie Beckel Odille Boicos, Paris.
2006 La Seine des photographes, La Conciergerie, Paris ; Galerie Beckel Odille Boicos, Paris.
El archivo fotografico de Julio Cortazar, Santiago de Compostela, Espagne.
2005 20 ans Galeria Railowsky, Valencia, Espagne.
2004 Galerie Christian Siret ; El Sur (hommage à Julio Cortazar) ; Hypegallery, Palais de Tokyo, Paris.
2003 Galerie Beckel Odille Boicos (avec Eduardo Jonquières), hotel Scribe, Paris. Art Chicago, USA.
2002 Galeria Van Riel, Buenos Aires, Argentine.Galerie Beckel Odille Boicos, Paris.
1994 Exposition Cortazar, ville de Paris.
1989 Collectiva Viajes Galeria Railowsky, Hommage à Cortazar, Feria del libro, Valencia, Espagne.
1987 Autorretrats, falsificacions, Galeria Visor; Galeria Railowsky; Mairie de Manises, Valencia, Espagne.
1985 Galerie municipale de Manises, Valencia, Espagne. Visions sans frontières, Bruges, Belgique (exposition itinérante en collaboration avec l’UNESCO).
1984 Galerie Municipale du Château d’Eau, Toulouse.
Collections Publiques :
Centre Georges Pompidou, Musée Carnavalet, BnF (Richelieu), Paris.
Fondation Florencio de la Fuente, Requena ; Centro de Arte Reina Sofia, Madrid.
Livres :
« Imagen de Julio Cortazar », Del Centro Editeurs, Madrid (2009)
« La Seine des photographes », Gallimard. Agenda 2007 VNF : 100 ans au fil de la Seine.
« Veinte años de Railowsky”, Universidad de Valencia (2005)
Les artistes du bois, Somogy. Louis Albert Jourdan, Le Temps qu’il fait, Cognac.
“Cuatro Direcciones de la Fotografia”, Lundwerg, Madrid (1991)
Iconografía Julio Cortazar, Fondo de Cultura, Mexico (1986).
Portfolios :
Nueva Lente, juin 1976, Madrid, Progresso fotografico, Aout 1974, Milan.
Collaborations et publications : Musée Picasso, Paris; Le Moniteur Architecture, Paris; Casas Internacional, Buenos Aires; Casa Viva, Madrid;
Architecture dans la ville, Arcueil; L’or d’Indonésie, Musée Guimet, Paris. Editions Equinoxe.
Expérience professionnelle :
2007 Diffférents reportages pour des cabinets d’architecture en France et en Espagne.
Catalogue raisonné sur l’œuvre de Eduardo Jonquières.
2000 Photographies pour le catalogue raisonné de Manuel Angelez Ortiz, Alhambra, Granada
Photographies pour le catalogue de l’exposition Fernando Arrabal, Musée de la Ciudad, Valencia.
1996 Photographies du catalogue Arden Quin, Fundacion Telefonica, Madrid.
Photographies du catalogue du Mouvement Madi, Centro de Arte Reina Sofia, Madrid.
1991 “Arquitectura de los anos 80”, IVAM, Valencia.
1990 Pour Theo Valencia, photos des oeuvres de Albers, Bores, Chillida, Calder, J. Gonzalez, Léger, Matisse, Miro,Picasso, Tapies, Vasarely, Vines.
1984 Documentation photographique pour l’UNESCO sur l’éducation d’adultes dans le quartier de La Mina, Barcelona.
1983 Reportage pour l’UNESCO sur les mines en Bolivie, les bidonvilles de Lima et Chimbote, Peru et documentation sur Simon Bolivar à Caracas, Venezuela. Documentation sur le Patrimoine Historique Espagnol.
1977 Andalucia Mudéjar, album de photographies édition limitée pour le Gouvernement d’Arabie Séoudite
Création de l’agence photo Kappa Press, la transition démocratique en Espagne et autres reportages, Madrid.
1970 Portraits de Julio Cortazar.
1968 Photographe du supplément dominical du quotidien La Nacion, Buenos Aires.
Photo de plateau du film « Martin Fierro » de L. Torre Nilsson, Argentine.





