
Elsa Boullic
« La vraie vie est ailleurs », Arthur Rimbaud
Je suis une cannette, un vieux pneu, cela m’arrive de n’être pas même une balle.
Quant aux pieds qui shootent, ils ignorent tout de la ponctuation…sans virgules, mais jamais sans but.
Regarde cette petite fille aux allures de garçon. Intrépide, révoltée, pas encore l’âge du poing levé, alors elle suce son pouce et crache sa rébellion de petits ponts en pas de danse le ballon rond collé à ses jambes nues.
Vois ces grands-mères en jupons, comme elles rient, comme elles oublient qu’ailleurs un championnat qu’elles ne verront jamais se dispute en plaqué or.
Hors des stades, sur le bitume, le sable, des terrains de fortune, les Pelé/Maradona qui ne seront jamais distingués jouent à ... lire la suite
« La vraie vie est ailleurs », Arthur Rimbaud
Je suis une cannette, un vieux pneu, cela m’arrive de n’être pas même une balle.
Quant aux pieds qui shootent, ils ignorent tout de la ponctuation…sans virgules, mais jamais sans but.
Regarde cette petite fille aux allures de garçon. Intrépide, révoltée, pas encore l’âge du poing levé, alors elle suce son pouce et crache sa rébellion de petits ponts en pas de danse le ballon rond collé à ses jambes nues.
Vois ces grands-mères en jupons, comme elles rient, comme elles oublient qu’ailleurs un championnat qu’elles ne verront jamais se dispute en plaqué or.
Hors des stades, sur le bitume, le sable, des terrains de fortune, les Pelé/Maradona qui ne seront jamais distingués jouent à gorge déployée.
Instantanés, brefs éclats de bonheur, un royaume en apesanteur invente une grammaire où chacun marque sans slogans.
Ici ça le fait, on le fait pour de vrai, loin de ce couple d’anglais qui s’achètent Buckingham, loin de ceux qui s’offrent des femmes pour le prix d’une voiture, loin du Colisée, de Wembley; loin des fabuleux tranferts internationaux.
Écoute, ça chante, c’est chaque jour l’espoir qui renaît, c’est la victoire éternelle, le grand prix du spectacle gratuit, c’est la vie qui rebondit, manque de peu les filets, mord le trait. La vie qui réunit bellement, qui parle une langue que chacun comprend de 7 à 100 000 ans… Elle est ronde comme la terre, elle court partout autour de la planète, et répand sa rumeur en un mondial en parallèle sponsorié par nos élans du cœur.
Ses oeuvres
L'interview
QUE RECHERCHES-TU À TRAVERS LA PHOTOGRAPHIE ?
Comme n’importe-quelle personne qui photographie, je cherche à capter un instant unique, privilégié. En revoyant plus tard le cliché, je retrouve ma propre émotion. J’aspire au partage de ce que découvre… des lieux inconnus des autres, incroyables. Sans parler de cette impression de bout du monde qui s’accompagne souvent pour moi d’un sentiment d’ivresse, de pleinitude.
Tu as fais le tour du monde, y a t il une region du monde qui t’as le plus touchée d un point de vue artistique ?`
L’Inde pour sa bauté ancestrale, son mouvement, ses lumières, ses couleurs, sa grâce.
QUELLE EST TON IMAGE PRÉFÉRÉE? CELLE QUI T'AS LE PLUS MARQUÉE ET POURQUOI ?
Il s’agit d’un petit garçon qui joue au foot, on ne distingue qu’une forme, une ombre qui dégage une puissance particulière. Elle contraste avec le mur en brique graffé, illuminé de l’arrière-plan. J’ai voyagé seule, j’ai remarqué que partout dans le monde, avec une balle de foot, les barrières de langue et de culture s’effondrent. Il s’agit d’une sorte de lien universel et heureux, c’est ce qui m’a donné envie de photographier cette pratique, manière de toucher du doigt la sensation d’éffacement des frontières.
LORS DE TES VOYAGES, AS-TU RENCONTRÉ DES DIFFICULTÉS ? COMMENT SE SONT PASSÉES LES RENCONTRES AVEC LES HABITANTS ?
J’ai eu de la chance, beaucoup de chance. Mis à part quelques imprévus -une tempête de sable dans le désert du Thar où les grains si fins se sont mués en fouet, un avion à destination de Mumbaï qui attérit à Delhi m’obligeant à improviser à 23h sous 35 degrès ma nuit-, tout s’est toujou... lire la suite
QUE RECHERCHES-TU À TRAVERS LA PHOTOGRAPHIE ?
Comme n’importe-quelle personne qui photographie, je cherche à capter un instant unique, privilégié. En revoyant plus tard le cliché, je retrouve ma propre émotion. J’aspire au partage de ce que découvre… des lieux inconnus des autres, incroyables. Sans parler de cette impression de bout du monde qui s’accompagne souvent pour moi d’un sentiment d’ivresse, de pleinitude.
Tu as fais le tour du monde, y a t il une region du monde qui t’as le plus touchée d un point de vue artistique ?`
L’Inde pour sa bauté ancestrale, son mouvement, ses lumières, ses couleurs, sa grâce.
QUELLE EST TON IMAGE PRÉFÉRÉE? CELLE QUI T'AS LE PLUS MARQUÉE ET POURQUOI ?
Il s’agit d’un petit garçon qui joue au foot, on ne distingue qu’une forme, une ombre qui dégage une puissance particulière. Elle contraste avec le mur en brique graffé, illuminé de l’arrière-plan. J’ai voyagé seule, j’ai remarqué que partout dans le monde, avec une balle de foot, les barrières de langue et de culture s’effondrent. Il s’agit d’une sorte de lien universel et heureux, c’est ce qui m’a donné envie de photographier cette pratique, manière de toucher du doigt la sensation d’éffacement des frontières.
LORS DE TES VOYAGES, AS-TU RENCONTRÉ DES DIFFICULTÉS ? COMMENT SE SONT PASSÉES LES RENCONTRES AVEC LES HABITANTS ?
J’ai eu de la chance, beaucoup de chance. Mis à part quelques imprévus -une tempête de sable dans le désert du Thar où les grains si fins se sont mués en fouet, un avion à destination de Mumbaï qui attérit à Delhi m’obligeant à improviser à 23h sous 35 degrès ma nuit-, tout s’est toujours bien terminé, transformé en souvenirs joyeux.
J’étais seule, sans doute me chance. La peur de le rester m’a poussée à aller vers l’autre. Reste que parfois je recherchais cet abandon, ce que Depardon nomme si justement « la solitude heureuse du voyageur ».
Je me souviens de l’incompréhension d’un passager dans un train reliant Jaiselmar à Delhi. Il ne comprenait pas le terme « baby-sitter », concept absurde en Inde. Là-bas, on ne délègue à personne le soin de s’occuper des enfants.
Le hasard s’invite au voyage : j’ai pris un bus de Phnom Penh au Cambodge à destination de Ho Chi Minh Ville au Vietnam. J’avais rencontré un anglais trois mois plus tôt dans une auberge de jeunesse de Los Angeles. Nous avions partagé un petit dèj, échangé nos adresses mails et nous étions informés de nos chemins respectifs de temps en temps. Un jour, il m’a envoyé un message, je me suis rendue compte que nous étions dans la même ville. Nous nous sommes donc retrouvés et avons dîné dans un marché de l’ancienne Saïgon.
Je partais le lendemain pour Dalat. Le trajet fut pénible, une « turista » sévère s’est déclarée. Arrivée à la station de bus, j’ai été prise en main par une jeune-femme qui attendait d’éventuels touristes pour remplir son hôtel. Elle m’a tendu une carte de visite, j’ai fondu en larmes. Elle m’a demandé d’où je venais, m’a pris la main…je n’ai pu quitter sa chambre pendant cinq jours. Pendant ces cinq jours, la jeune femme m’apportait quatre fois par jour, outre sa douceur, un bol de riz, de l’eau et du bouillon de légumes.
TU AS RÉALISÉ UNE SÉRIE SUR LE ''FOOT DANSÉ'' POURQUOI CE THÈME ?
Jouer au foot, c’est tenir le corps entier en équilibre au bout du pied. Tous les grands joueurs sont des danseurs. Lorsqu’on les photographie, on capte un instant suspendu, on découvre une certaine élégance.
AS-TU UN REGRET D'IMAGE ?
Lors du dernier jour à l’association Gol de Letra, les éducateurs avaient organisé une journée dédiée au « rafraîchissement » de la favela. Les enfants, armés de leur bonne humeur ont repeint quatre maisons. La lumière était très belle. Au début de mon reportage, j’avais pris le parti de tenter d’être le plus discrète possible afin de saisir leur quotidien au plus juste. C’est le problème de la photographie : on reste spectateur. Mon envie de partager cet instant avec eux a pris le dessus. J’ai pris deux/ trois clichés avant qu’un petit ne me tende un pinceau. J’ai alors posé mon appareil et vécu l’instant.
QUELS SONT TES PROJETS FUTURS ?
Marcher, rencontrer, partager.





