
Marie Laffont
Les rapports qu’on entretient avec le temps sont très subjectifs. Le monde dans lequel nous sommes nés nous invite à une projection perpétuelle dans le futur et accroît la peur panique de perdre son temps, d’être en retard. L’instant ne se vit plus, il se remplit à ras bord afin d’échapper à l’angoisse du vide et à la dictature du temps.
Mon rapport à la photographie s’est construit dans l’idée de pérenniser pour transmettre, de rendre durable les faits, notre société. Comment ? En immortalisant les choses, en figeant les images auxquelles nous sommes le plus liés. L’idée est de s’emparer et faire événement, saisir l’immédiat, tenter de saisir ce qu’il peut y avoir de fugitif et d’unique à la fois dans l’instant, capter dans l’éphÃ... lire la suite
Les rapports qu’on entretient avec le temps sont très subjectifs. Le monde dans lequel nous sommes nés nous invite à une projection perpétuelle dans le futur et accroît la peur panique de perdre son temps, d’être en retard. L’instant ne se vit plus, il se remplit à ras bord afin d’échapper à l’angoisse du vide et à la dictature du temps.
Mon rapport à la photographie s’est construit dans l’idée de pérenniser pour transmettre, de rendre durable les faits, notre société. Comment ? En immortalisant les choses, en figeant les images auxquelles nous sommes le plus liés. L’idée est de s’emparer et faire événement, saisir l’immédiat, tenter de saisir ce qu’il peut y avoir de fugitif et d’unique à la fois dans l’instant, capter dans l’éphémère le sens, comme une empreinte et apprendre à regarder vraiment. Et puis œuvrer, y travailler, y réfléchir. Agir, en anticipant les jeux du temps. Se jouer dans l’instant en faisant du hasard son complice, se trouver là au bon moment et jouer sa vie en la créant à chaque seconde. Rendre immortel un instant aussi bien qu’une époque. Comme un instant suspendu. De la même manière que j’essaye de surprendre le temps voir le suspendre, je plombe ma chaussure au sol. Chaussure monument, lourde pour ralentir le pas et rester campée là sur mes deux pieds pour enfin observer.
Je capte les choses pour échapper à ce grand obstacle au bonheur qu’engendre ma seule certitude : les autres, ceux que j’aime, tous ceux que je croise dans la rue vont disparaître un jour, je veux laisser une preuve, une empreinte de leurs présence.
Je veux freiner des quatre fers et retenir l’instant. Juste un petit moment… Juste l’instant qui arrive là ...Ce tout petit « à venir ». Ce tout petit « plus tard », soudain très présent. Il faut que je saisisse ce qui se passe.
Contempler, c’est regarder vraiment, attentivement… Je regarde autour de moi… L’espace, ce qui m’entoure. Je m’absorbe dans l’observation des petits riens de l’instant avec admiration ! Et tente de rendre cet instant mémorable, événement. Cet instant suspendu remplit à fond ma vie.
Ses oeuvres
L'interview
COMMENT TE DEFINIS-TU : ARTISTE, STYLISTE, CRÉATRICE ?
QU'EST CE QU'UN ARTISTE ?
La notion n’est pas évidente à définir.: « celui qui travaille dans un art où le génie et la main doivent concourir. Un peintre, un architecte sont des artistes ». Et moi qui suis-je ?
Au sens large le mot art signifie manière d’agir ou de faire ; le mot désigne plus particulièrement « une habilité acquise par l’étude ou la pratique ». Alors je suis styliste officiellement par la pratique et l’étude et artiste officieusement par ma pulsion créatrice.
QUE RECHERCHES TU À TRAVERS LA PHOTOGRAPHIE ?
A travers la photographie, je tente de saisir ce qu’il peut y avoir de fugitif et d’unique à la fois dans l’instant « C’est ici et maintenant ».
Il faut que je saisisse ce qui se passe. Que je réussisse à capter ce que chaque instant peut porter de surprenant. Et pour moi la photographie cherche à suspendre le temps, mais me permet surtout de le surprendre. Et rendre ainsi un instant éternel. Comme si j’arrivais à stopper le temps en le rendant événement, à sortir de la durée un instant. Mon regard marque alors le pas au temps. Cet instant suspendu remplit à fond ma vie.
La photographie est l’instrument qui sert de miroir à une civilisation, à signifier le monde qui nous entoure. La photographie sert à montrer le vécu de l’événement lui-même. Il faut fixer l’instant précis puisque finalement « Nous jouons avec des choses qui disparaissent, et, quand elles ont disparu, il est impossible de les faire revivre » Henri Cartier-Bresson
TU AIMES PHOTOGRAPHIE LES GENS, QU'EST CE QUE TU RECHERCHES EN EUX ?
L’émotion, le risqu... lire la suite
COMMENT TE DEFINIS-TU : ARTISTE, STYLISTE, CRÉATRICE ?
QU'EST CE QU'UN ARTISTE ?
La notion n’est pas évidente à définir.: « celui qui travaille dans un art où le génie et la main doivent concourir. Un peintre, un architecte sont des artistes ». Et moi qui suis-je ?
Au sens large le mot art signifie manière d’agir ou de faire ; le mot désigne plus particulièrement « une habilité acquise par l’étude ou la pratique ». Alors je suis styliste officiellement par la pratique et l’étude et artiste officieusement par ma pulsion créatrice.
QUE RECHERCHES TU À TRAVERS LA PHOTOGRAPHIE ?
A travers la photographie, je tente de saisir ce qu’il peut y avoir de fugitif et d’unique à la fois dans l’instant « C’est ici et maintenant ».
Il faut que je saisisse ce qui se passe. Que je réussisse à capter ce que chaque instant peut porter de surprenant. Et pour moi la photographie cherche à suspendre le temps, mais me permet surtout de le surprendre. Et rendre ainsi un instant éternel. Comme si j’arrivais à stopper le temps en le rendant événement, à sortir de la durée un instant. Mon regard marque alors le pas au temps. Cet instant suspendu remplit à fond ma vie.
La photographie est l’instrument qui sert de miroir à une civilisation, à signifier le monde qui nous entoure. La photographie sert à montrer le vécu de l’événement lui-même. Il faut fixer l’instant précis puisque finalement « Nous jouons avec des choses qui disparaissent, et, quand elles ont disparu, il est impossible de les faire revivre » Henri Cartier-Bresson
TU AIMES PHOTOGRAPHIE LES GENS, QU'EST CE QUE TU RECHERCHES EN EUX ?
L’émotion, le risque.. . Les personnes prises en photo à leur insu révèlent une expression de visage qui en dit beaucoup sur leur présent. Captée dans l’instant, une partie de leur histoire se fait voir, ils deviennent événement, comme retirés d’une durée, ils sont suspendus, hors temps. De plus, la rue est importante pour moi, toujours en mouvement, c’est le présent, ce qui m’entoure. Puis cela me permet de contempler et contempler, c’est regarder vraiment, attentivement…Je regarde autour de moi, l’espace, ce qui m’entoure. Je réalise que chaque instant peut se faire événement, à condition de le regarder, d’en capter le sens.
QU'ESSAYES-TU DE TRANSMETTRE À CEUX QUI REGARDENT TES PHOTOS ?
L’instant photographié n’est plus, cependant je veux donner cette impression de temps suspendu, d’un instant soudain très présent. Je ne cherche pas à provoquer un instant nostalgique mais plutôt un instant passé mais en marche, en mouvement. Soudain très présent. Je veux aussi donner aux gens l’envie d’observer ces petits riens de l’instant avec admiration, de ne pas tout balayer d’un regard sous prétexte que le temps passe. J’aimerais capter ainsi ce qui se passe autour de nous, ce qu’on ne voit pas. Témoigner de ce que tout instant peut porter d’inouï.
Y A T'IL DES PHOTOGRAPHES QUI T'INSPIRENT ?
Harry Callahan (1912-1999), photographe américain autodidacte, ses œuvres sont empreintes d’une émotion rare. Il puisait son inspiration dans des sujets qui lui étaient familiers , dans sa vie quotidienne, dans les villes dans lesquelles il vécu. Je suis d’accord avec sa manière d’agir puisque pour lui : « L’acte photographique se résume pour moi à être au bon endroit au bon moment en fonction de mon humeur »… Sa méthode était d’aller se balader tous les matins dans la ville ou il vivait pour y prendre de nombreuses photographies. Ce que j’aime chez Harry Callahan c’est qu’à chaque fois, il met l’accent sur les lignes et les formes ainsi que le contraste et la luminosité , si bien que ses paysages en racontent presque autant que toutes les personnes photographiées dans la rue.
Philip Lorca diCorsia et sa série Heads réalisée en 2001. Il s’agit de personnes prises en photo dans la rue. Elles deviennent événement, isolées par le flash dans l’obscurité, illuminées, comme retirées d’une durée, elles sont hors du temps.
QUELLE EST TA PHOTOGRAPHIE PRÉFÉRÉE ?
Cela est dur à dire, il y plusieurs photographies que j’apprécie mais si je devais en choisir une et une seule, je choisirais la photo Simiane-la-Rottonde, France 1969. d’Henri Cartier- Bresson. Ce n’est pas pour rien qu’on l’a surnommé « l’œil du siècle ». Il mettait sur la même ligne l’œil et le cœur.
TU TE SERS DE TON OBJET FÉTICHE : LA CHAUSSURE, POUR FAIRE DES SCULPTURES. PARLE-NOUS DE CET OBJET, QUE REPRESENTE T-IL POUR TOI ?
L’objet fétiche me transporte et je le transporte partout dans l’espace comme dans le temps. Avec lui, je marche, j’accélère, j’échappe au temps mais c’est lui aussi qui m’ancre hors du temps. Je fabrique des chaussures fétiches qui sont autant de réponses à chacune de mes interrogations en fonction de leur forme, de la matière qui les constitue. La chaussure me transporte d’un lieu à un autre et rend toute chose possible. Elle s’inscrit dans la durée et me donne la sensation d’une existence éternelle. C’est pourquoi je crée des chaussures Monuments… car grâce à la chaussure, je m’empare du monde, je le parcours. Je suis en mouvement. Mais aussi, je peux rester debout, campée sur mes pieds. Elle me permet de contempler le monde. Ma chaussure fétiche est aussi chaussure d’un personnage à mon effigie, elle me ressemble. Tel Hèrmes et mes héros (manga, déesse). Comique, ludique, elle me transporte du manga au piédestal. Je crée mon objet fétiche, je le fabrique.
COMMENT PROCÈDES TU POUR FAIRE CES SCULPTURES ?
Je récupère sur des brocantes certaines chaussures qui ont marquées et marquent toujours une époque, notre époque. Je cherche ensuite des matériaux translucides pour emprisonner ma chaussure dans un cercueil de verre... Je les enduis ensuite dans de la résine, puis laisse la matière engloutir ma chaussure. Et la rendre de cette manière monument.
DANS TA VIE, AS-TU CROISÉ DES PERSONNES QUI ONT INFLUENCÉ TA CRÉATIVITÉ ET TA MANIÈRE D'ETRE
Mes professeurs de couture m’ont beaucoup appris en ce qui concerne la maîtrise de la technique d’un vêtement,
La rédactrice en chef du magazine D.S. : Corinne Lellouche qui m’a permis de devenir photographe et m’a donnée l’envie de continuer dans ce domaine. Puis certaines rencontres d’artistes que j’admirais telles Liz Dechenes, Sylvie Fleury pour qui j’ai eu la chance de devenir photographe lors de la nuit Blanche à Paris.
Jean-Charles de Castelbajac m’a appris à approfondir mes passions et aller jusqu’au bout de mes convictions. Il m’a aussi appris qu’art et vêtement ne sont pas antinomiques.
Mes professeurs de DSAA (diplôme supérieur d’art appliqués) : En ce qui concerne la photo et la vidéo, Ghislaine Mathieu et Jérémy Soudan m’ont appris l’importance de la lumière, du détails, je n’ai jamais autant appris qu’avec eux.
Jean-Michel Ribbettes, Pierre Hardy et Anne-Marie Septfonds qui mon confortée dans ma passion entre art et chaussures.
Expositions
- 2010: Diplôme Supérieur des Arts Appliqués mode et environnement, Duperré
- Mai 2010: Lauréate du concours ELLE magazine pour les Etats Généraux de la femme, exposition à science politique et publication du projet.
- 2010: Assistante de l'artiste Michael Glass New-York
- 2010: Sonia Rykiel: Assistante styliste
- 2009/2010: Illustratrice pour 5 livres Jeunesse aux Edition Les Portes du Soleil
- 2009: Jean-Charles de Castelbajac assistante studio
- 2009: Miguel Abreu Gallery, New-York, Galerie d'Art Contemporain: Assistante régisseur
- 2009: Photographe pour le dossier de presse de "La Nuit Blanche" pour Sylvie Fleury
- 2008: Vanessa Bruno: Assistante création matière
- 2007: E.C.C.E ( Courrège, Azzaro, Rochas, Scherrer): Assistante directeur artistique
- 2007: Diplôme de la Chambre Syndicale de la Couture Parisienne
- 2007: Photographe pour Marais Mag et St Germain Mag.
- 2007: Kenzo:merchandising: vitrines, boutiques.
- 2006: Francesco Smalto:Assistante styliste
- 2005: Isabel Marant: Recherches matières
- 2004: D.S Magazine: Pigiste, photographe( 17 photographies de défilés publiées)
- 2003: Maison d'édition Les Portes du monde, illustrations du Livres Jeunesse: Le Guide des tribus... lire la suite
- 2010: Diplôme Supérieur des Arts Appliqués mode et environnement, Duperré
- Mai 2010: Lauréate du concours ELLE magazine pour les Etats Généraux de la femme, exposition à science politique et publication du projet.
- 2010: Assistante de l'artiste Michael Glass New-York
- 2010: Sonia Rykiel: Assistante styliste
- 2009/2010: Illustratrice pour 5 livres Jeunesse aux Edition Les Portes du Soleil
- 2009: Jean-Charles de Castelbajac assistante studio
- 2009: Miguel Abreu Gallery, New-York, Galerie d'Art Contemporain: Assistante régisseur
- 2009: Photographe pour le dossier de presse de "La Nuit Blanche" pour Sylvie Fleury
- 2008: Vanessa Bruno: Assistante création matière
- 2007: E.C.C.E ( Courrège, Azzaro, Rochas, Scherrer): Assistante directeur artistique
- 2007: Diplôme de la Chambre Syndicale de la Couture Parisienne
- 2007: Photographe pour Marais Mag et St Germain Mag.
- 2007: Kenzo:merchandising: vitrines, boutiques.
- 2006: Francesco Smalto:Assistante styliste
- 2005: Isabel Marant: Recherches matières
- 2004: D.S Magazine: Pigiste, photographe( 17 photographies de défilés publiées)
- 2003: Maison d'édition Les Portes du monde, illustrations du Livres Jeunesse: Le Guide des tribus





