
Yves Gellie
Tableaux Chinois Octobre 2003 à Septembre 2006
« Dans les Tableaux Chinois d’Yves Gellie, dont les images consacrées à la Chine articulent toujours une dimension théâtrale et l’ordinarité la plus banale du quotidien d’un peuple en pleine mutation, et dont les contradictions se lisent entre la désespérante vie des ouvriers et les fêtes fastueuses organisées par les nouveaux riches de Pékin, entre des fresques militantes qui n’ont rien à envier au communisme maoïste et l’omniprésence d’une matière, le plastique-fluorescent dans la plupart des photographies… »
« Il invente plutôt ce que l’on pourrait qualifier de "reportage plasticien", sans avènement ni acmé, tentant de restituer, au ras du quotidien, sans émotion ni emprise de l... lire la suite
Tableaux Chinois Octobre 2003 à Septembre 2006
« Dans les Tableaux Chinois d’Yves Gellie, dont les images consacrées à la Chine articulent toujours une dimension théâtrale et l’ordinarité la plus banale du quotidien d’un peuple en pleine mutation, et dont les contradictions se lisent entre la désespérante vie des ouvriers et les fêtes fastueuses organisées par les nouveaux riches de Pékin, entre des fresques militantes qui n’ont rien à envier au communisme maoïste et l’omniprésence d’une matière, le plastique-fluorescent dans la plupart des photographies… »
« Il invente plutôt ce que l’on pourrait qualifier de "reportage plasticien", sans avènement ni acmé, tentant de restituer, au ras du quotidien, sans émotion ni emprise de la subjectivité, ce qui, pour un chinois, est la banalité de chaque jour, et pour un occidental, un exotisme souvent hermétique… »
Dominique Baqué / Art Press mai 2008
Perception Distincte
A partir de 1996, Yves Gellie entame une série de voyages en Irak. Répondant aux commandes de grands magazines, il s’agit de photographier un peuple mis sous embargo depuis la première guerre du Golfe et un pays plongé dans une situation économique et sociale désastreuse. Ces différents voyages l’amènent à sillonner la quasi totalité du territoire irakien auquel il intègre, à partir de 1999, la Syrie et l’Iran, tous deux acteurs directs de l’histoire récente de l’Irak.
Peu à peu, un doute s’installe devant l’accumulation de documents visuels qui reproduisent les mêmes stéréotypes d’une région confrontée à la guerre, les mêmes images de détresse, de pauvreté et de souffrance qui veulent susciter empathie et indignation. Progressivement, Yves Gellie s’éloigne de cette conception de l’image concise, immédiatement lisible, chargée des symboles constitutifs d’un événement et d’une émotion perceptible au premier coup d’œil.
Cette évolution se manifeste dans un choix iconographique qui s’inscrit dans l’événement en privilégiant le quotidien et la représentation de sa trivialité.Dans une région dévastée par les guerres, Yves Gellie ne photographie pas le présent de l’urgence mais s’inscrit dans une esthétique de la trace. Il ne réalise pas d’images d’actes de violence mais s’attache aux signes de la violence humaine, c’est à dire à la trace qu’elle imprime sur les objets, les paysages ou les architectures. Pour photographier l’embargo, il isole un détail vestimentaire d’un ouvrier sur un chantier naval dans le sud de l’Irak ou des chaussons de chirurgien à l’entrée d’un bloc opératoire d’un hôpital de Bassora au détriment d’une vision plus violente du délabrement du chantier naval et du bloc opératoire eux mêmes. Dans sa démarche, il ne s’agit plus de démontrer ou de dénoncer mais de montrer. Il pratique alors une forme de mutisme, de constat neutre et de détachement. Il élargit ses cadres et adopte une vision frontale qui redouble l’objectivité apparente de l’image où c’est le motif qui fait la photo, le modèle qui dicte l’image[1] . Yves Gellie s’attache à dégager l’implicite au delà de ce qu’il montre, à dévoiler l’intime dans ce qui est public ou collectif. En réalité, il se situe dans cette frange où l’invisible surgit de l’apparent ; il explore les rapports ambiguës qu’entretient une photographie avec le réel et expérimente le pouvoir fictionnel d’une image.
Ses oeuvres
L'interview
VOUS AVEZ FAIT DES ÉTUDES DE MÉDECINE, COMMENT VOTRE PASSION POUR LA PHOTOGRAPHIE EST-ELLE NÉE ?
J’ai pratiqué la médecine pendant trois ans. J’ai ensuite commencé une spécialité en médecine tropicale et je suis parti au Gabon pendant deux ans, j’y ai fait de la petite chirurgie, de la pédiatrie, des campagnes de vaccination… mais j’avais envie d’autre chose.
Dans les années 80, je suis rentré à Paris et j’ai effectué des remplacements en médecine hospitalière, puis en milieu rural. Tout cela était passionnant mais je n’avais visiblement pas la vocation. Néanmoins cette formation médicale m’a beaucoup aidé pour aborder la photographie.
Il y a une analogie très directe entre l’observation médicale et la préparation d’un reportage photographique. Dans les deux cas, il faut faire des recherches, interpréter des signes, croiser des informations et recomposer une histoire cohérente.
J’ai décidé de partir en Colombie faire un sujet sur le trafic de cocaïne dans la forêt amazonienne, car à l’époque cela me paraissait une des histoires les plus impossibles.
Je venais d’arrêter la médecine, j’avais envie de sortir de l’hôpital, je n’en pouvais plus de la hiérarchie hospitalière, des univers clos et j’avais l’impression que la photographie était l’occasion pour moi d’aller au-devant de gens vivant des moments forts de leur existence.
J’ai passé des années fabuleuses dans la presse en collaborant avec de grands magazines.
Au bout de quelques années, j’ai ressenti un côté répétitif de l’exercice, les journalistes ont peu à peu cédé le terrain aux financiers… J’ai repris des études d’Histoire de l’art, et j’ai totalem... lire la suite
VOUS AVEZ FAIT DES ÉTUDES DE MÉDECINE, COMMENT VOTRE PASSION POUR LA PHOTOGRAPHIE EST-ELLE NÉE ?
J’ai pratiqué la médecine pendant trois ans. J’ai ensuite commencé une spécialité en médecine tropicale et je suis parti au Gabon pendant deux ans, j’y ai fait de la petite chirurgie, de la pédiatrie, des campagnes de vaccination… mais j’avais envie d’autre chose.
Dans les années 80, je suis rentré à Paris et j’ai effectué des remplacements en médecine hospitalière, puis en milieu rural. Tout cela était passionnant mais je n’avais visiblement pas la vocation. Néanmoins cette formation médicale m’a beaucoup aidé pour aborder la photographie.
Il y a une analogie très directe entre l’observation médicale et la préparation d’un reportage photographique. Dans les deux cas, il faut faire des recherches, interpréter des signes, croiser des informations et recomposer une histoire cohérente.
J’ai décidé de partir en Colombie faire un sujet sur le trafic de cocaïne dans la forêt amazonienne, car à l’époque cela me paraissait une des histoires les plus impossibles.
Je venais d’arrêter la médecine, j’avais envie de sortir de l’hôpital, je n’en pouvais plus de la hiérarchie hospitalière, des univers clos et j’avais l’impression que la photographie était l’occasion pour moi d’aller au-devant de gens vivant des moments forts de leur existence.
J’ai passé des années fabuleuses dans la presse en collaborant avec de grands magazines.
Au bout de quelques années, j’ai ressenti un côté répétitif de l’exercice, les journalistes ont peu à peu cédé le terrain aux financiers… J’ai repris des études d’Histoire de l’art, et j’ai totalement modifié mon approche de la photographie. Tout en gardant le terrain de l’information je m’y suis rendu avec une démarche et des outils empruntés au monde de l’art. J’ai alors commencé un travail sur la trace. Avec comme premier terrain d’investigation, l’Iraq.
POUR VOUS LA PHOTOGRAPHIE DOIT-ELLE ÊTRE PORTEUSE DE MESSAGES ?
Ce n’est pas un problème que je me pose aujourd’hui. Pour vous répondre, je préfère vous citer l’extrait d’un texte analysant cette période de mon travail : « Dans sa démarche, il ne s’agit plus de démontrer ou de dénoncer mais de montrer. Il pratique alors une forme de mutisme, de constat neutre et de détachement. Il élargit ses cadres et adopte une vision frontale qui redouble l’objectivité apparente de l’image où c’est le motif qui fait la photo, le modèle qui dicte l’image (Walker Evans). Il explore les rapports ambiguës qu’entretient une photographie avec le réel et expérimente le pouvoir fictionnel d’une image.
AVEZ-VOUS UN SOUVENIR DE PHOTO PARTICULIER ?
Plutôt une anecdote que je garde en mémoire. C’était en Somalie, pendant la guerre de l’Ogaden en 1983. C’était mon deuxième sujet après La Colombie. J’étais dans un camp de réfugiés nomades somalis. Il y a eu une attaque dans une partie du camp, par des rebelles et simultanément, un orage violant . C’était un décor d’apocalypse. Les tentes volaient, les réfugiés étaient effrayés par les coups de feu et par l’incroyable vent de sable qui emportait tout. J’ai fait des photos d’une façon frénétique, puis au bout d’un moment, je me suis rendu compte que je n’avais pas de film dans mon appareil. Le temps que je réalise tout ça, tout s’était évanoui. C’est une image que je garde très vivante dans ma mémoire.
COMMENT TROUVEZ-VOUS VOTRE ÉQUILIBRE ?
Aujourd’hui, je trouve l’équilibre dans l’aboutissement du tirage, de l’objet. La démarche qui consiste à accompagner son travail jusqu’au bout m’a redonné une vraie sérénité. Une grande partie de la frustration que j’éprouvais a disparu. Mon travail de la couleur nécessite de ma part une attention extrême qui m’enchante. J’éprouve toujours une sensation extraordinaire quand une image est aboutie, qu’elle correspond très précisément à mon intention de départ.
Elle peut alors vivre sa vie. Ensuite que d’autres se l’approprient ne me pose plus aucun problème.
VOUS AVEZ BEAUCOUP VOYAGÉ, Y-A-T-IL UNE RÉGION DU MONDE QUI VOUS A MARQUÉ PLUS QUE LES AUTRES ?
L’histoire du Cambodge m’a profondément troublé. Ce régime Khmer Rouge qui a abouti à une extrême brutalité, à une folie meurtrière. Je voulais toucher du doigt cette histoire inimaginable, inconcevable, dépassant l’imagination la plus tordue, je voulais rencontrer les acteurs de ce génocide. J’ai alors décidé de partir là-bas. Je suis arrivé au Cambodge par la route, il n’y avait pas d’avion pour Phnom Penh. Coté vietnamien, la frontière était grouillante et bruyante, coté Cambodge, un silence de mort. C’était hallucinant, il n’y avait pas un bruit, de rares silhouettes dans un paysage où toute activité humaine avait disparu.
C’était le stade zéro.
Je me suis attaché à ce pays, à ses habitants, j’y suis retourné régulièrement jusqu’aux premières élections de 1993.
QUELS SONT LES PHOTOGRAPHES QUI VOUS INSPIRENT ?
William Eggleston me fascine. Jeff Wall est un immense artiste qui recompose la vie avec une grande lucidité . Sa personnalité et sa vision du monde transcendent ses photographies. Enfin, Walker Evans qui est pour moi une sorte de matrice.
AVEZ-VOUS UN SUJET DE PREDILECTION ?
Pas vraiment, mais je trouve des récurrences dans ma manière de travailler. Il y a des constantes dans mes images, la trace, la matière, la théâtralité …
L’écriture et la vidéo s’invite de plus en plus souvent dans ma démarche
QU’EST CE QU’UNE PHOTOGRAPHIE RÉUSSIE SELON VOS CRITÈRES ?
Qu’est ce qu’une peinture, une sculpture, une photo réussie. C’est très difficile de vous répondre. C’est peut-être le terme « réussie » qui me gène. Certains ratages ont abouti à des œuvres d’art .
Expositions
Expositions Personnelles
Tableaux Chinois Biennale Photographique, Russie, Mars/Avril/2008
Tableaux Chinois Galerie Baudouin Lebon, Paris, France, Février/2008
Tableaux Chinois, Festival de Carquefou, France, Novembre 2007.
Tableaux Chinois, Festival International de Pingyao, Chine, sept 2007.
Mésopotamie, Festival International de Pingyao, Chine, sept 2007.
Distinct Perception, 9th International Photography Gathering, Alep, Syrie , Septembre 15-26, 2006
Distinct Perception, Art Museum, Shanghai, Chine Juillet 2006.
Distinct Perception, Galerie Katia Rid in der Dachgalerie Munich, Allemagne, novembre 2005
Distinct Perception, Qinghai Festival, Xining, Chine, Juillet 2006.
Distinct Perception, FotoFest 2006, Houston, USA, Mars 2006.
Distinct Perception, Festival International de Lanzhou , Chine, Novembre 2005.
Crossing, Le Marchand de Sable, Paris, France, Février 2005.
Distinct Perception, Le Mois de la Photographie, Paris, France, Galerie Trigano
Emotion chez Picto, Novembre 2004.
Return To Iraq, Milan, Italie, Galerie Franca Speranza, 2002.
Iraq, CCF, Bagdad, Juin 2000.
Iraq(s), Centre Culturel Français de Bagdad, Iraq Mai 1999
Les enfants de Sumer et de Babylone, Institut
du Monde Arabe, Paris, France,1999.
Pluie des Mangues, FNAC : Paris, Strasbourg, Bordeaux, Lyon, France 1997.
Cambodge, "de la Déchirure à la Paix", Visa pour l'Image, Perpignan, France 1993.
Les Bains de Budapest, exposition organisée par la Ville de Lausanne, Suisse,1988.
Terremoto, Palais de Tokyo, Paris, France 1983.
Expositions de groupe
Expositions Personnelles
Tableaux Chinois Biennale Photographique, Russie, Mars/Avril/2008
Tableaux Chinois Galerie Baudouin Lebon, Paris, France, Février/2008
Tableaux Chinois, Festival de Carquefou, France, Novembre 2007.
Tableaux Chinois, Festival International de Pingyao, Chine, sept 2007.
Mésopotamie, Festival International de Pingyao, Chine, sept 2007.
Distinct Perception, 9th International Photography Gathering, Alep, Syrie , Septembre 15-26, 2006
Distinct Perception, Art Museum, Shanghai, Chine Juillet 2006.
Distinct Perception, Galerie Katia Rid in der Dachgalerie Munich, Allemagne, novembre 2005
Distinct Perception, Qinghai Festival, Xining, Chine, Juillet 2006.
Distinct Perception, FotoFest 2006, Houston, USA, Mars 2006.
Distinct Perception, Festival International de Lanzhou , Chine, Novembre 2005.
Crossing, Le Marchand de Sable, Paris, France, Février 2005.
Distinct Perception, Le Mois de la Photographie, Paris, France, Galerie Trigano
Emotion chez Picto, Novembre 2004.
Return To Iraq, Milan, Italie, Galerie Franca Speranza, 2002.
Iraq, CCF, Bagdad, Juin 2000.
Iraq(s), Centre Culturel Français de Bagdad, Iraq Mai 1999
Les enfants de Sumer et de Babylone, Institut
du Monde Arabe, Paris, France,1999.
Pluie des Mangues, FNAC : Paris, Strasbourg, Bordeaux, Lyon, France 1997.
Cambodge, "de la Déchirure à la Paix", Visa pour l'Image, Perpignan, France 1993.
Les Bains de Budapest, exposition organisée par la Ville de Lausanne, Suisse,1988.
Terremoto, Palais de Tokyo, Paris, France 1983.
Expositions de groupe
Les 30 ans du Magazine Géo , Toutes les FNAC de France, 2009 /2010
Don de Vie, Paris, Mois de la Photo Paris, France, novembre 2008
Tableaux Chinois, Madrid, Espagne, PHEO8, Descubrimientos, juin 2008
Water War , School Gallery, Paris, France, Paris, juin 2008
Les 30 ans du Figaro magazine, Sénat , Paris, Grilles du Luxembourg, France, avril / septembre 2008
Tableaux Chinois « Paris Photo » France, novembre 2007
Visual Fied (Chine Nouvelle), Show, Festival du vent, Calvi novembre 2007, France.
40 ans de l’Agence Gamma, Festival International de Pingyao, China, septembre 2007.
Visual Field (Chine Nouvelle), Show, Les Rencontres de Arles, juillet 2007, France.
Sorbonne Ouverte, Sorbonne, Paris, novembre 2005 / janvier 2006.
Perceptions Distinctes, Galerie Katia Rid in der Dachgalerie Munich, Allemagne novembre 2005
Society of Publication designers competition à
New York (2003). Merit Award Winner for Saudi arabia.
Exposition et vente aux enchères, Drouot, Paris, Octobre 2002
Paris, exposition et vente aux enchères à Drouot, 2001
Taranto Gallery, New York, 1999
Participation à l’exposition "Souffles du Monde"(Cambodge) , FNAC Paris 1998.
Participation à l’exposition "Oman", Institut du Monde Arabe, Paris, 1994.
Participation à l’exposition "Syrie", Institut du Monde Arabe, Paris, 1993.
Participation à "Design, Mirror of the Century"
Exposition au Grand Palais, Paris, 1993.
Participation à "Terre d’ Islam", Visa pour
l'Image, Perpignan, 1990.
Le Sultanat d’ Oman, World Press Photo, daily life section, 1988.
World Press Photo Exhibition, Amsterdam, 1986 and 1987.
Monographies
Chine Nouvelle, Naïve, 2007
Irak, La guerra perpetua, Altaïr, 2003
Aquitaine, National Geographic, 2001
Iraq(s), Marval, 1999
Hong Kong, retour en Chine, Casterman, 1997
La Pluie des Mangues, Marval, 1997
Ecosse, les Secrets des Highlands, Casterman, 1995
Ile de Pâques, Casterman, 1994
Collaborations
Traditions Françaises, National Geographic, 2003
La France du National Geographic, 2004
Souffles du Monde, Fnac, 1998
Les Nouvelles Routes de la Soie, Li and Fung, 1996.
Trois Jours en France, Nathan, 1989
A Day in the Life of America, Collins,1986





